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Le climat
Le climat de l’île d’Anticosti est de type subpolaire
subhumide et de continentalité intermédiaire, étant
donné l'influence maritime du golfe Saint-Laurent qui
contribue à réduire les écarts de température et à
former du brouillard à proximité des côtes (Proulx et
al. 1987). La température moyenne annuelle est de 1.9
oC comparativement à 4 oC pour Québec et 6.1 oC pour
Montréal. Le mois de juillet est le plus chaud avec
une température moyenne de 14.79 oC comparativement à
19.03 oC pour Québec et 20.8 oC pour Montréal.
Inversement, février est le mois le plus froid –11.2
oC en moyenne comparativement à –12.5 oC pour Québec
et –10.3 oC pour Montréal.
La géologie
L’île d’Anticosti s’intègre à la partie est des
Basses-Terres-du-Saint-Laurent. Elle s’est formée
entre l’Ordovicien supérieur il y a environ 455
millions d’années et le Silurien moyen (430 millions
d’années). Les roches affleurant sur l’île d’Anticosti
forment une séquence sédimentaire continue de plus de
2 000 m d’épaisseur. Ce serait la séquence la plus
complète dans l’Est de l’Amérique du Nord pour
l’Ordovicien supérieur et le Silurien. Par leur
richesse fossilifère, ces strates représentent de
formidables archives de la vie marine et de l’histoire
géologique de cette région du continent au
Paléozoïque. À ce jour, près de 600 espèces
différentes de fossiles y ont été répertoriées.
Le relief
La physiographie de toute l’île d’Anticosti est
fortement marquée par sa structure monoclinale de
plate-forme légèrement inclinée vers le sud. Elle est
caractérisée par un relief de cuesta (forme de relief
dissymétrique constituée de deux versants inclinés en
sens opposé soit un front et un revers). Sur une base
topographique, l’île se partage aisément en trois
secteurs : deux de basses terres dépassant rarement
150 m d’altitude dans les tiers est et ouest de l’île,
reliées entre elles le long des côtes, et au centre
des terres plus élevées formant un plateau qui culmine
à un peu plus de 300 m.
L’hydrographie
Les cours d’eau sont très nombreux sur l’île
d’Anticosti. Dans la partie centrale, ils sont peu
encaissés, alors qu’au nord et au sud, ils coulent
souvent dans des gorges profondes formant des canyons.
La végétation
Les forêts de l’île d’Anticosti appartiennent à la
sous-section est du domaine de la sapinière à bouleau
blanc, ce domaine forestier est typiquement boréal.
Les forêts de l’île se singularisent par une présence
plus discrète du bouleau blanc et du peuplier
faux-tremble. Elles évoluent vers la pessière blanche
(épinette blanche) en raison du broutage intensif
exercé par le cerf de Virginie sur la régénération de
sapin.
La faune
Si ce n’était de l’apport du milieu marin, la
composition des communautés fauniques de l’île
d’Anticosti serait simple. Ce phénomène est propre aux
îles isolées. On compte 24 espèces de mammifères
réparties sur l’île ou fréquentant ses côtes. Quatorze
de ces espèces sont marines. Des phoques gris et des
phoques communs peuvent être observés sur les
plates-formes rocheuses ou s’alimentant près de la
côte. Il est également possible d’observer le passage
de grands cétacés qui sillonnent les eaux froides du
golfe.
Originellement, il n’y avait vraisemblablement que six
espèces de mammifères sur l’île. De nos jours, la
martre d’Amérique et l’ours noir sont disparus. L’île
d’Anticosti a connu également une expérience
biologique inédite, presque centenaire, d’introduction
de plusieurs espèces animales. C’est ainsi que seize
nouvelles espèces ont été introduites depuis 1896. On
peut considérer que pour dix, l’exercice a été
fructueux. Il s’agit de six espèces de mammifère
terrestre, de deux amphibiens et de deux espèces
d’oiseaux non migrateurs. Parmi toutes les espèces de
mammifères introduites avec succès, le cas du cerf de
Virginie attire l’attention. À partir d’un noyau
initial d’environ 200 individus introduits en 1896 et
1897, la population de cerf de Virginie est évaluée
aujourd’hui à 160 000 bêtes, soit une densité de 20
cerfs/km2.
L’omble de fontaine, le saumon de l’Atlantique et
l’anguille d’Amérique fréquentent les côtes et
remontent plusieurs des rivières de l’île. Au niveau
des amphibiens et des reptiles, il n’y aurait sur
l’île que deux espèces de grenouilles.
La compilation des observations d’oiseaux effectuée
pour l’ensemble de l’île d’Anticosti a permis de
recenser 221 espèces réparties parmi 21 familles.
Entre autres, l’île abrite près de 60% des sites
connus de reproduction du pygargue (aigle) à tête
blanche dans la province.
Note : ces textes sont tirés de «Parc de la
Rivière-Vauréal, le plan directeur provisoire» publié
par le ministère de l’Environnement et de la Faune en
1998. |